Le Professeur David Nutt a été limogé fin octobre par le ministre de l'intérieur britannique pour ses déclarations controversées sur les drogues comme l'ecstasy. Deux experts, Marion Walker et le Dr Les King avaient démissioné dans la foulée. Ce sont maintenant trois experts qui partent à leur tour du "Advisory Council on the misuse of drugs" pour protester contre l'attitude du gouvernement britannique envers les scientifiques ; il s'agit des Dr John Marsden, Ian Ragan et Simon Campbell. Le tout après une réunion avec le ministre de l'intérieur qui n'a servi à rien. Bref, le torchon brûle...
Caricature : The Times
mardi 10 novembre 2009
lundi 9 novembre 2009
Cellules iPS : toutes les cellules peuvent être reprogrammées
Encore un billet sur les derniers progrès de la recherche sur la reprogrammation des cellules adultes ou plus ou moins différenciées en cellules iPS. Fort peu de sujets sont aussi "chauds" depuis leur découverte récente, à part peut-être les microARN. Mais je digresse...
La nouvelle du jour vient de Nature et d'un article sortant du laboratoire de Rudolph Jaenisch au MIT. Le but était de discriminer quatre hypothèses : 1) toutes les cellules sont reprogrammables, ou bien 2) seules certaines cellules sont susceptibles d'être reprogrammées, comme par exemple les quelques cellules souches d'un tissu qu'on prendra lors d'un prélèvement ; par ailleurs la reprogrammation nécessitera un nombre fixe (3) ou variable (4) de divisions cellulaires.
Ce nouveau travail démontre que presque toutes les cellules peuvent être reprogrammées (1) mais que cela prendra un nombre de divisions cellulaire indéterminé (4). La reprogrammation, induite avec les protéines Oct4, Sox2, Klf4 et c-Myc peut prendre entre deux et dix-huit semaines, date à laquelle plus de 90% des populations cellulaires auront donné des cellules iPS ; chaque population est issue d'une seule cellule, démontrant que presque toutes les cellules d'un tissu peuvent être reprogrammées. Ceci a pu être démontré en utilisant des populations de cellules immunitaires (lymphocytes B) ayant toutes intégré les constructions permettant l'expression de quatre facteurs de la reprogrammation et étant donc soumises de façon égale au processus.
Rôles de Lin28, p53 et Nanog
En plus des quatre facteurs découverts à l'origine par Yamanaka, plusieurs autres protéines peuvent accélérer le processus de reprogrammation. Les chercheurs ont voulu savoir quel pouvait être leur rôle. L'obtention de cellules iPS a pu être accéléré de façon dépendante de la division cellulaire grâce à la surexpression de Lin28, ou l'inhibition de p53, un gène impliqué dans la plupart des cancers. Ces deux facteurs, qui étaient considérés comme impliqués directement dans le processus de reprogrammation, ne feraient en réalité que contrôler le rythme des divisions cellulaires ; pour p53 et Lin28, la reprogrammation est accélérée grâce au rythme de division plus rapide. Ce n'est pas le cas pour Nanog qui semble avoir un rôle direct dans la reprogrammation.
En résumé
C'est un travail de fond qui a été accompli. Il a permis d'une part de démontrer que presque toutes les cellules d'une population peuvent être reprogrammées mais que cela peut prendre plus ou moins de temps ; la reprogrammation arrive donc au hasard dans une cellule, sans doute en fonction de fluctuations épigénétiques qu'on ne sait pas encore contrôler. D'autre part, il est désormais démontré que parmi p53, Lin28 et Nanog, seul Nanog est un facteur directement impliqué dans la reprogrammation comme Oct4, Sox2, Klf4 et c-Myc. Enfin p53 et Lin28 favoriseraient la reprogrammation en augmentant le rythme des divisions cellulaires, ce qui serait important pour générer ces fluctuations épigénétiques.
Rappel : le processus de reprogrammation est essentiellement de nature épigénétique, à savoir qu'il modifie la façon dont l'ADN va être exprimé. C'est comme réinitialiser un disque dur en quelque sorte.
La nouvelle du jour vient de Nature et d'un article sortant du laboratoire de Rudolph Jaenisch au MIT. Le but était de discriminer quatre hypothèses : 1) toutes les cellules sont reprogrammables, ou bien 2) seules certaines cellules sont susceptibles d'être reprogrammées, comme par exemple les quelques cellules souches d'un tissu qu'on prendra lors d'un prélèvement ; par ailleurs la reprogrammation nécessitera un nombre fixe (3) ou variable (4) de divisions cellulaires.
Ce nouveau travail démontre que presque toutes les cellules peuvent être reprogrammées (1) mais que cela prendra un nombre de divisions cellulaire indéterminé (4). La reprogrammation, induite avec les protéines Oct4, Sox2, Klf4 et c-Myc peut prendre entre deux et dix-huit semaines, date à laquelle plus de 90% des populations cellulaires auront donné des cellules iPS ; chaque population est issue d'une seule cellule, démontrant que presque toutes les cellules d'un tissu peuvent être reprogrammées. Ceci a pu être démontré en utilisant des populations de cellules immunitaires (lymphocytes B) ayant toutes intégré les constructions permettant l'expression de quatre facteurs de la reprogrammation et étant donc soumises de façon égale au processus.
Rôles de Lin28, p53 et Nanog
En plus des quatre facteurs découverts à l'origine par Yamanaka, plusieurs autres protéines peuvent accélérer le processus de reprogrammation. Les chercheurs ont voulu savoir quel pouvait être leur rôle. L'obtention de cellules iPS a pu être accéléré de façon dépendante de la division cellulaire grâce à la surexpression de Lin28, ou l'inhibition de p53, un gène impliqué dans la plupart des cancers. Ces deux facteurs, qui étaient considérés comme impliqués directement dans le processus de reprogrammation, ne feraient en réalité que contrôler le rythme des divisions cellulaires ; pour p53 et Lin28, la reprogrammation est accélérée grâce au rythme de division plus rapide. Ce n'est pas le cas pour Nanog qui semble avoir un rôle direct dans la reprogrammation.
En résumé
C'est un travail de fond qui a été accompli. Il a permis d'une part de démontrer que presque toutes les cellules d'une population peuvent être reprogrammées mais que cela peut prendre plus ou moins de temps ; la reprogrammation arrive donc au hasard dans une cellule, sans doute en fonction de fluctuations épigénétiques qu'on ne sait pas encore contrôler. D'autre part, il est désormais démontré que parmi p53, Lin28 et Nanog, seul Nanog est un facteur directement impliqué dans la reprogrammation comme Oct4, Sox2, Klf4 et c-Myc. Enfin p53 et Lin28 favoriseraient la reprogrammation en augmentant le rythme des divisions cellulaires, ce qui serait important pour générer ces fluctuations épigénétiques.
Rappel : le processus de reprogrammation est essentiellement de nature épigénétique, à savoir qu'il modifie la façon dont l'ADN va être exprimé. C'est comme réinitialiser un disque dur en quelque sorte.
dimanche 8 novembre 2009
Shocking: Un expert scientifique limogé
Il y a quelques mois, avec un tel titre, tout le monde aurait pensé que Bush avait encore fait des siennes. Mais cela se passe en Grande-Bretagne, sous le gouvernement de Gordon Brown, travailliste ayant succédé à Tony Blair. Le professeur David Nutt, conseiller spécial du gouvernement pour la lutte contre la drogue, a été proprement viré fin octobre. Il faut dire que sa façon d'expliquer qu'il est moins dangereux de prendre de l'ecstasy que de faire du cheval peut surprendre... Même Nature s'est mêlé à la discussion (ici et là notamment). Je ne discuterai pas ici de savoir s'il a raison ou tort. Ce que je voudrais souligner en revanche, c'est que quand un Bush fait ça, tout le monde s'indigne. Quand c'est le ministre socialiste britannique, ça donnne quelques pauvres articulets dans la presse française et personne n'en tiendra rigueur à Brown.
Le gouvernement britannique a-t-il un problème avec la science ?
Et ce n'est pas fini. Dans un entretien à Nature, Lord Drayson, ministre des sciences, reconnaît qu'il y a eu d'autres problèmes avant ce limogeage et que l'ambiance n'est pas au beau fixe chez les scientifiques chargés de conseiller le gouvernement. Utilisant la version britannique de la langue de bois, cela donne : "Drayson also admitted there were concerns among government advisors that pre-date ‘Nutt-gate’. He said at recent meetings “a number of leading scientific advisors across different fields ... expressed to me some underlying concerns”." Va-t-on découvrir que le gouvernement de sa Gracieuse Majesté est truffé de ministres obscurantistes et anti-science ?
Le gouvernement britannique a-t-il un problème avec la science ?
Et ce n'est pas fini. Dans un entretien à Nature, Lord Drayson, ministre des sciences, reconnaît qu'il y a eu d'autres problèmes avant ce limogeage et que l'ambiance n'est pas au beau fixe chez les scientifiques chargés de conseiller le gouvernement. Utilisant la version britannique de la langue de bois, cela donne : "Drayson also admitted there were concerns among government advisors that pre-date ‘Nutt-gate’. He said at recent meetings “a number of leading scientific advisors across different fields ... expressed to me some underlying concerns”." Va-t-on découvrir que le gouvernement de sa Gracieuse Majesté est truffé de ministres obscurantistes et anti-science ?
mardi 3 novembre 2009
Nouvelle stratégie de lutte contre la malaria
La malaria, ou paludisme, tue entre un et trois millions de personnes dans le monde. Les vaccins développés visent à protéger les individus, tandis que des traitements (dont j'ai parlé ici) permettent de soigner les patients.
Une nouvelle stratégie vient d'être élaborée par le PATH Malaria Vaccine Initiative (MVI), le principal partenariat public-privé luttant contre cette maladie. L'ambition n'est rien moins que l'éradication de la maladie, en élaborant des vaccins qui empêcheront la multiplication des virus chez les moustiques. L'idée est de vacciner les populations à risque non seulement pour les protéger contre le parasite, mais aussi pour leur faire produire des anticorps dirigés contre la phase de reproduction sexuelle du parasite, qui a lieu dans l'intestin des moustiques. Lorsqu'un moustique piquera un malade, il aspirera avec le sang non seulement le parasite mais aussi les anticorps qui empêcheront sa reproduction. Les premiers tests démontrent une diminution très importante de la transmission après utilisation de tels vaccins. Associés aux vaccins classiques de protection contre l'infection, on peut espérer réduire peu à peu l'impact de la malaria dans le monde, peut-être jusqu'à l'éradication totale, au cours des prochaines décennies.
Source : Nature news
Une nouvelle stratégie vient d'être élaborée par le PATH Malaria Vaccine Initiative (MVI), le principal partenariat public-privé luttant contre cette maladie. L'ambition n'est rien moins que l'éradication de la maladie, en élaborant des vaccins qui empêcheront la multiplication des virus chez les moustiques. L'idée est de vacciner les populations à risque non seulement pour les protéger contre le parasite, mais aussi pour leur faire produire des anticorps dirigés contre la phase de reproduction sexuelle du parasite, qui a lieu dans l'intestin des moustiques. Lorsqu'un moustique piquera un malade, il aspirera avec le sang non seulement le parasite mais aussi les anticorps qui empêcheront sa reproduction. Les premiers tests démontrent une diminution très importante de la transmission après utilisation de tels vaccins. Associés aux vaccins classiques de protection contre l'infection, on peut espérer réduire peu à peu l'impact de la malaria dans le monde, peut-être jusqu'à l'éradication totale, au cours des prochaines décennies.
Source : Nature news
samedi 31 octobre 2009
Possible reprise du 1er essai clinique avec des cellules souches embryonnaires humaines... à l'automne 2010
La société Geron a annoncé qu'elle venait d'arriver à un accord avec la FDA pour reprendre son essai clinique afin de tester l'effet de cellules souches embryonnaires humaines sur la réparation de la moelle épinière. Celui-ci a été arrêté par la FDA après l'apparition de kystes chez les souris traitées.
Cet essai pourrait reprendre à l'automne 2010, comme l'indique le communiqué de presse de Geron :
"In discussions with the company, the FDA has advised that it concurs with Geron that positive data from this study can be used to support both release of the clinical hold and expansion to cervical patients. Geron expects the data from this study to enable re-initiation of the clinical trial in the third quarter of 2010."
Cet essai pourrait reprendre à l'automne 2010, comme l'indique le communiqué de presse de Geron :
"In discussions with the company, the FDA has advised that it concurs with Geron that positive data from this study can be used to support both release of the clinical hold and expansion to cervical patients. Geron expects the data from this study to enable re-initiation of the clinical trial in the third quarter of 2010."
jeudi 29 octobre 2009
Légalité et financement de la recherche
Que faut-il pour réaliser un projet scientifique ?
La première condition est la suivante : est-ce légal ? Tant qu'il s'agit d'animaux, les obstacles légaux sont limités. Tout au plus vous demandera-t-on de remplir une telle montagne de papier que vous renoncerez à faire la manip. Comme par exemple implanter des électrodes dans le cerveau d'un animal. Quand il s'agit de l'homme, le cadre légal est bien sûr beaucoup plus contraignant. Par exemple aujourd'hui la recherche sur l'embryon ne peut se faire qu'après autorisation express ; et il est interdit d'en créer uniquement à des fins de recherche, ou de fabriquer des embryons hybrides humain-animal.
La deuxième question concerne les financements : ce projet sera-t-il sélectionné par une agence de financement comme l'ANR ou une association telle que l'ARC, la Ligue contre le cancer ou la Fondation pour la recherche médicale ? Et là, c'est beaucoup plus compliqué car les projets sont systématiquement évalués par d'autres chercheurs, entre un et trois selon l'importance du projet et la somme demandée. Quasiment plus aucune recherche ne se fait en France sur financement "automatique". Ce que donnent le CNRS ou l'INSERM à une équipe de recherche pour l'année permet tout juste de tenir entre deux et huit semaines (ça dépend de la taille de l'équipe et du type de recherche), le reste vient de financements obtenus sur projets évalués par des pairs. Reste la complication des appels à projets sur des thématiques prédéfinies par l'état : dans ce cas là les évaluateurs ne sont plus totalement libres car il faut coller à une thématique ce qui peut impliquer le rejet d'un excellent projet qui n'aurait qu'un rapport lointain avec l'objet de l'appel d'offre.
Le problème du financement explique pourquoi certaines recherches autorisées ne sont jamais mises en pratique. On a vu l'exemple de la Grande-Bretagne légalisant les embryons hybrides après une montée au créneau des chercheurs, suivi par le refus de financer les projets déposés par les trois équipes autorisés à faire ce type d'expériences. Il serait donc inutile d'autoriser, de façon exceptionnelle ou courante, des recherches qui ne seraient pas financer ensuite.
Le problème est qu'avec l'utilitarisme ambiant, un chercheur voudra pouvoir faire une manip pour le cas où. Donc il dira presque toujours qu'un type d'expérience donné devrait être autorisé. Sur cette base, je dirais qu'il faut autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires car on ne sait jamais. Mais le débat dépasse largement les enjeux purement scientifiques quand il s'agit de la vie d'embryons humains. C'est pourquoi il est juste d'adopter la démarche française de légaliser ou non à priori et d'expliquer pourquoi on prend telle ou telle position, plutôt que la méthode anglo-saxonne qui est de presque tout autoriser (Grande-Bretagne) ou de ne poser des limites que pour l'argent fédéral (États-Unis) et ensuite de se poser la question de savoir si ça va servir à quelque chose.
dimanche 25 octobre 2009
Reprogrammation de cellules de sang de cordon ombilical
Deux études publiées récemment par la revue Cell Stem Cell rapportent la reprogrammation de cellules du sang de cordon ombilical (Haase, A. et al. Generation of induced pluripotent stem cells from human cord blood. Cell Stem Cell 5, 434–441. Giorgetti, A. et al. Generation of induced pluripotent stem cells from human cord blood using OCT4 and SOX2. Cell Stem Cell 5, 353–357 ; ces deux articles sont en libre accès). Dans la première étude, quatre facteurs ont été utilisés, OCT4, SOX2, NANOG et LIN28. Dans la deuxième, les chercheurs ont obtenus des cellules iPS en utilisant seulement OCT4 et SOX2, avec la même efficacité que dans la première. Ces deux facteurs lorsqu'ils sont utilisés seuls ne permettent pas de reprogrammer des kératinocytes ou des fibroblastes, ce qui démontre que ces cellules sont plus faciles à reprogrammer que des cellules adultes. Ceci est logique car les cellules du sang de cordon sont par définition plus jeunes (elles n'ont que neuf mois) que des cellules différenciées.
L'avantage des cellules du sang de cordon
La revue Nature Reviews Molecular Cell Biology fait une courte recension de ces deux articles, insistant sur les avantages que présentent ces cellules : elles sont facilement disponibles, facilement conservées par congélation, et jeunes. Dans l'une des études, des cellules iPS ont pu être obtenues avec des cellules congelées depuis cinq ans. C'est un élément important dans le débat sur la création de banques de sang de cordon, qu'elles soient publiques ou privées. Une personne dont le sang de cordon aura été conservé pourrait un jour se voir greffer ses propres cellules après reprogrammation en cellules iPS et différenciation dans un autre type cellulaire, évitant tout problème de rejet immunitaire. Conclusion de la revue : « These two studies open the possibility that cord blood banks, accessible worldwide, could become an almost unlimited source of clinically useful stem cells. » [Ces deux études ouvrent la possibilité que les banques de sang de cordon, accessible partout dans le monde, deviennent une source quasiment illimitée de cellules souches utilisables pour des thérapies].
PS : voici ce que j'écrivais le 6 février dernier (ça fait du bien de savoir qu'on peut avoir raison) :
À quand la reprogrammation des cellules de sang de cordon ombilical ?
De jour en jour, la technique de reprogrammation s'améliore, et j'attends avec impatience l'annonce de l'utilisation de cette méthode sur des cellules de sang de cordon ombilical. Elles seront sans doute plus facile à reprogrammer car déjà multipotentes. Au vu des résultats publiés récemment on peut s'attendre à une reprogrammation avec peu de facteurs et sans retrovirus [les études citées ici ont été réalisées avec des retrovirus donc ce n'est pas encore fait...], le tout sur des cellules faciles à obtenir.
L'avantage des cellules du sang de cordon
La revue Nature Reviews Molecular Cell Biology fait une courte recension de ces deux articles, insistant sur les avantages que présentent ces cellules : elles sont facilement disponibles, facilement conservées par congélation, et jeunes. Dans l'une des études, des cellules iPS ont pu être obtenues avec des cellules congelées depuis cinq ans. C'est un élément important dans le débat sur la création de banques de sang de cordon, qu'elles soient publiques ou privées. Une personne dont le sang de cordon aura été conservé pourrait un jour se voir greffer ses propres cellules après reprogrammation en cellules iPS et différenciation dans un autre type cellulaire, évitant tout problème de rejet immunitaire. Conclusion de la revue : « These two studies open the possibility that cord blood banks, accessible worldwide, could become an almost unlimited source of clinically useful stem cells. » [Ces deux études ouvrent la possibilité que les banques de sang de cordon, accessible partout dans le monde, deviennent une source quasiment illimitée de cellules souches utilisables pour des thérapies].
PS : voici ce que j'écrivais le 6 février dernier (ça fait du bien de savoir qu'on peut avoir raison) :
À quand la reprogrammation des cellules de sang de cordon ombilical ?
De jour en jour, la technique de reprogrammation s'améliore, et j'attends avec impatience l'annonce de l'utilisation de cette méthode sur des cellules de sang de cordon ombilical. Elles seront sans doute plus facile à reprogrammer car déjà multipotentes. Au vu des résultats publiés récemment on peut s'attendre à une reprogrammation avec peu de facteurs et sans retrovirus [les études citées ici ont été réalisées avec des retrovirus donc ce n'est pas encore fait...], le tout sur des cellules faciles à obtenir.
samedi 24 octobre 2009
Adult somatic stem cells : new perspectives ; un congrès à la forme originale
Le congrès "Adult somatic stem cells : new perspectives" se tiendra à Monaco fin novembre. C'est le deuxième congrès d'une série intitulée International Congress on Responsible Stem Cell Research. Lors de la première édition en 2006, l'invité vedette n'était autre que Shinya Yamanaka, le découvreur de la reprogrammation de cellules différenciées en cellules iPS (induced puripotent stem cells). Cette année, l'invité vedette s'appelle Eliane Gluckman, spécialiste mondiale de la greffe de cellules de sang de cordon avec une première mondiale en 1988.
La forme originale du congrès
Il s'agit bien d'un congrès scientifique, avec séminaires et posters, présentations en anglais, etc. Mais il est organisé conjointement par plusieurs organisations, telles que l'Académie Pontificale pour la Vie (APV), la Fondation Lejeune, La Fédération Internationale des Associations Médicales Catholiques et Le Comité Consultatif Bioéthique de Monaco. Le congrès sera ouvert par une allocution de Mgr Fisichella, président de l'APV, et se terminera par une session dédiée à la bioéthique avec notamment Mgr Suaudeau (de l'APV), Marie-Thérèse Hermange (sénateur de Paris) et Jean-Marie Le Méné (président de la Fondation Lejeune). La forme originale de ce congrès est donc d'aborder simultanément les aspects scientifiques et éthiques des questions soulevées et des réponses apportées par la recherche sur les cellules souches adultes.
Quand le Vatican dégaine plus vite que son ombre
Une anecdote : le premier congrès avait eu lieu fin 2006. L'article de Takahashi et Yamanaka était sorti le 25 août de la même année dans la revue Cell. À tous ceux qui considèrent que le Vatican a toujours une guerre de retard, je conseille de méditer cette réaction extrêmement rapide : ils ne s'étaient pas trompés en identifiant la découverte de Yamanaka comme révolutionnaire.
La forme originale du congrès
Il s'agit bien d'un congrès scientifique, avec séminaires et posters, présentations en anglais, etc. Mais il est organisé conjointement par plusieurs organisations, telles que l'Académie Pontificale pour la Vie (APV), la Fondation Lejeune, La Fédération Internationale des Associations Médicales Catholiques et Le Comité Consultatif Bioéthique de Monaco. Le congrès sera ouvert par une allocution de Mgr Fisichella, président de l'APV, et se terminera par une session dédiée à la bioéthique avec notamment Mgr Suaudeau (de l'APV), Marie-Thérèse Hermange (sénateur de Paris) et Jean-Marie Le Méné (président de la Fondation Lejeune). La forme originale de ce congrès est donc d'aborder simultanément les aspects scientifiques et éthiques des questions soulevées et des réponses apportées par la recherche sur les cellules souches adultes.
Quand le Vatican dégaine plus vite que son ombre
Une anecdote : le premier congrès avait eu lieu fin 2006. L'article de Takahashi et Yamanaka était sorti le 25 août de la même année dans la revue Cell. À tous ceux qui considèrent que le Vatican a toujours une guerre de retard, je conseille de méditer cette réaction extrêmement rapide : ils ne s'étaient pas trompés en identifiant la découverte de Yamanaka comme révolutionnaire.
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