jeudi 16 octobre 2008

Cellules souches et maladie de Parkinson : cela pourrait ne jamais marcher

Quand on vante les mérites de la thérapie cellulaire, deux maladies reviennent constamment : Alzheimer et Parkinson. Or cette dernière sera sans doute très difficile à guérir par cette méthode. C’est en tout cas ce que pense Jeffrey Kordower du Chicago’s Rush Presbyterian Medical Center ; Kordower est un célèbre neurologue. D’après un article de l’hebdomadaire américain Newsweek voici ce qu’il aurait déclaré au congrès annuel de la New York Stem Cell Foundation, à l’université Rockefeller : « In my opinion it will take a major miracle for stem cells to make a difference in Parkinson’s disease » [Selon moi, il faudra un miracle pour que les cellules souches changent quelque chose à la maladie de Parkinson].

Dans les années 90, on essaya de traiter cette maladie en introduisant dans le cerveau des patients des neurones d’origine fœtale (je passe ici sur les obstacles éthiques de cette méthode). Ces expériences sont aujourd’hui arrêtées car elles induisent des effets secondaires pires que le mal, notamment des phénomènes de mouvements incontrôlés ou dyskinésie. De plus, les cellules introduites sont également atteintes peu à peu par la maladie de Parkinson

En bref, la maladie de Parkinson pourrait bien être le plus mauvais exemple à citer pour promouvoir la recherche sur les cellules souches embryonnaires (ou adultes d’ailleurs).

2 commentaires:

LEA a dit…

L EFFET DE L OMEGA 3 DONT TOUT LE MONDE PARLE N A LUI AUSSI AUCUN ESPOIR?

Albert Barrois a dit…

@ Lea
Je ne suis pas médecin, donc mon avis ne vaut que par ma capacité à aller chercher les informations sur internet. Et s'il est vrai qu'on parle beaucoup des Omega 3, les preuves sont très minces.
Je retiendrai deux articles. Le premier (da Silva et al, 2008. J Affect Disord. 111:351-9) présente les résultats d'un test clinique qui démontre un faible effet de la prise d'huile de poisson (riche en Omega 3) non pas sur la maladie de Parkinson elle-même mais sur les symptômes dépressifs qui accompagnent la maladie de Parkinson. Et encore faudrait-il montrer que ce sont les Omega 3 et non un autre composant de l'huile de poisson qui induit cet effet.
La deuxième référence (Bousquet et al, FASEB J, 2008, 22:1213-1225) ne concerne pas des patients mais des souris que l'on a traitées avec une drogue, le MPTP, qui induit des lésions neuronales similaires à la maladie de Parkinson. Des souris ayant un régime riche en Omega 3 ont résisté à l'effet de cette drogue. Les chercheurs concluent que les Omega 3 peuvent donc être efficaces contre la maladie de Parkinson. Sauf qu'il reste à démontrer que la même chose est vraie chez l'homme atteint de la maladie, ce qui est très différent d'une souris à laquelle on administre une drogue.