vendredi 21 novembre 2008

Soyez sérieux M. Daoudal

Yves Daoudal nous annonce : "une étude sur l’impact du maïs transgénique Monsanto Mon810 sur la fertilité des souris. La conclusion est que les souris nourries à ce maïs (sur plusieurs générations) sont devenues stériles, et que celles qui ont pu finalement donner naissance à des petits ont mis bas des souriceaux d'un poids nettement inférieur à la normale". Source.

M. Daoudal est approximatif. Il ne s'agit pas du Mon810 mais du Mon810-NK603 qui est un maïs doublement modifié. Mais cela n'est pas grave. Il prétend en effet que "les souris nourries à ce maïs (sur plusieurs générations) sont devenues stériles". C'est tout simplement faux. Quatre générations de souris nourries avec ce maïs modifié ou un maïs ordinaire produisent autant de descendants.
Seul cas où un effet a été détecté : lorsque la même génération de souris a eu quatre portées successives, ce qui est une situation de stress. Le résultat donne 1035 naissances dans le groupe témoin contre 844 dans le groupe nourri au Mon810-NK603. Source.

Cela ne signifie nullement que M. Daoudal a tort de tirer le signal d'alarme, mais il est bien inutile de prétendre que ce maïs a rendu les souris stériles. Et la crédibilité de la conclusion en prend un coup ! Soit dit en passant, il est fort difficile de trouver ce rapport sur internet, on en est donc réduit à des commentaires... Il ne s'agit en effet pas d'une publication scientifique mais d'un rapport d'une agence autrichienne.
Rmq : Un lecteur de Libé prétend même que "la même étude montre que la mortalité des souriceaux du groupe nourris au maïs non-OGM est deux fois plus élevée que celle du groupe nourri au maïs OGM (cf. tableau page 77)". N'ayant pas accès au rapport, je ne peux pas confirmer.

2 commentaires:

Denis Merlin a dit…

Merci pour cette mise au point très intéressante.

Cœlacanthe a dit…

Il est vrai que la mise au point est intéressante et sans doute nécessaire en raison de la multitude de sottises proférées péremptoirement. N'aurait-elle pas pu être amenée par une approche moins "personnelle", je me le demande. Que les journalistes soient le plus souvent approximatifs ne peut pas passer pour une révélation. Ce M. Daoudal est-il parmi les pires d'entre eux et mérite-t-il particulièrement de se voir mis au pilori ? Cela dit, la référence à M. Monod, sans doute très savant homme en sa spécialité, laisse dubitatif. Quand on connaît les formules pour le moins peu satisfaisantes qu'il lui arrive d'utiliser pour exprimer sa "pensée", il est permis de sourire doucement (le cardinal Ratzinger, pape Benoît XVI, en cite une qui vaut le voyage jusqu'à la page d'un de ses livres que je rechercherai si on me le demande).

PS. Trop occupé par la rédaction de ce commentaire, j'allais oublier de vous dire merci, M'sieur Albert, d'avoir créer ce blog. Lorsqu'il n'est pas trop technique pour moi, il m'aide à comprendre comment votre monde de chercheurs attrape les questions que se pose l'homme de la rue.