dimanche 1 mars 2009

Enfant sur mesure

Quand les bébés éprouvettes sont arrivés, on a dit que c’était une fausse bonne idée. Quand le diagnostic pré-implantatoire (DPI) a été mmis au point, il a été dénoncé comme la porte ouverte à des dérives eugénistes. Elles ont lieu tous les jours ces dérives, puisque sont systématiquement éliminés les embryons porteurs d’anomalies génétiques induisant des maladies graves. On débat en ce moment même de ce genre de pratique dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.
Depuis quelque temps des cliniques privées offrent de choisir le sexe de son enfant. Mais ces temps-ci on franchit un nouveau cap avec l’arrivée effective du criblage de la couleur des yeux, de la peau et des cheveux. Un groupe dirigé par Jeff Steinberg, « The Fertility Institutes » comportant des cliniques à Los Angeles, New York et Mexico, est à l’origine de cette annonce. Avec un certain cynisme, leur communiqué annonce qu’on ne saurait garantir le résultat, mais il se trouvera bien des gens pour se précipiter sur ce genre de « service ».

D’où vient Steinberg ?
Le Dr Steinberg était un jeune médecin lorsqu’il a participé à la mise au point de la technique de fertilisation in vitro qui a conduit à la naissance de Louise Brown en Grande-Bretagne en 1978. C’est un raccourci saisissant qui démontre que certaines avancées scientifiques conduisent à des résultats qui sont pires que le mal qu’elles sont supposées corriger. Car ne vouloir un enfant que s’il est brun aux yeux verts avec la peau un peu foncée pour qu’il bronze facilement, c’est descendre encore un cran en dessous du bébé-médicament, le tout pour la modique somme d’environ 18.000$ (source).

Et en France ?
Dans notre pays, le DPI est strictement encadré et réservé aux maladies qu’on ne peut pas guérir au moment du diagnostic. Cependant on ferait sans doute mieux de mettre en avant la solution de l’adoption plutôt que de celle de cette technique très lourde qui a donné 39 enfants nés en 2005 pour lesquels il a fallu ponctionner 2522 oocytes chez les mères, obtenir 1486 embryons par fécondation in vitro et en transplanter 241.
Mais qu’en sera-il quand on pourra cribler pour un développement musculaire hors du commun, la taille, la corpulence ou l’intelligence. Bien sûr la génétique n’est pas tout et les erreurs seront nombreuses. Mais le législateur, puisqu’il a autorisé le DPI, se doit de rester très ferme sur son utilisation et ne permettre aucune dérive. Voire envisager son interdiction.

2 commentaires:

Centre Culturel Veymont Club Taillefer a dit…

Je serai heureux de savoir le coût des traitements médicaux pour obtenir ces 39 enfants et ou le coût moyen d'une dpi.
merci

Albert Barrois a dit…

Désolé, je n'en ai aucune idée. Si un lecteur le sait...